A sa bouche, je

A sa bouche, je
A sa bouche, je...




Il est des bouches qui parlent savantes,
qui mangent gourmandes,
qui restent lèvres closes,
qui fument à l'overdose,
et puis....
il y a sa bouche, celle qui, au premier baiser, m'a ensorcelée.


Une bouche couleur rubis, aux formats de mes envies, dont les lèvres bien ourlées, se prêtent volontiers, à mes ivresses buccales, mes intrusions linguales, mes extases labiales.

Une bouche, en attente, qui quémande, implorante, que mes lèvres, viennent aux siennes, se poser.

Une bouche que je délecte, de ma langue qui l'humecte, que je dermophile indien, en de squaw va et viens, dont je nacre les commissures, de mon gloss au goût de mure.

Une bouche sans limite, qui m'invite, implicite, à l'aborder d'impudeur, la mouiller d'extérieur, la fouiller de saveur.

Une bouche d'homme sous mise à feu, de mes désirs, de la sucer, de bas en haut, de long en lèvres, muqueuses moqueuses.

Une bouche à l'épreuve de mes baisers, que je provoque en vis à vice, sans équivoque, à sang versé, d'hiver gercée.

Une bouche diluvienne qui met l'eau à la mienne, à m'ouvrir en voyelles, muettement filmées, à la vouloir encore, de ces accords formés, car à sa bouche, je.............. suis femme amoureuse.



# Posté le mardi 14 avril 2009 04:42

Modifié le mercredi 29 avril 2009 08:03

Désaccordée

Désaccordée
Désaccordée


Elle pleure des larmes de silence, le corps en notes, lové.
A ses pieds, une lettre pliée.
" Je pars. "
Deux mots hurlant de vide, bêtes à crier qui ricanent en sa tête.
Deux mots exsudant d'oubli, brefs à désespérer qui l'abîment de souffrance.

Amour en requiem


De son âme, il détenait la clé.
A sa peau de toujours, elle s'embrasait, frémissante d'harmonie.
Au toucher de ses doigts, elle vibrait d'intensités comme un archer manié virtuose sur un violon.

Rupture, désaccord.
L'amant maestro qui dans le secret des arts savait l'orchestrer, s'en va impatient, déchiffrer de nouvelles partitions.

Il court heureux, s'unir à d'autres diapasons.
Avec empressement, il la quitte, pour des fa plus coquets, des do plus charmants, des si plus charnus.
Elle n'existe plus.

Oraison des sens.


Transie, figée par son indifférence, elle se meurt de ne plus être sa muse.
Elle, l'inspiratrice de ses symphonies, de ses concertos pour cordes et pianos n'est plus qu'un livret blanc composé de pauses inutiles et d'intervalles creux.

Dans cette absence qui la vrille de désirs invaincus, elle a tatoué ses chairs de la sonate qu'il préférait, de ces notes qui retentissaient en musique de chambre.
Une dernière fois, elle se caresse de leur musicalité, s'abandonne aux délices lascifs des sons qui de ses chevilles montent en souvenirs sensuels jusqu'à sa nuque qu'elle offrait, courbée de frissons au feu de ses baisers.


" Je pars."
Râles en arpège.
Elle avale des cachets, le tube roule à ses pieds.
Elle part.

Messe en ré, mineur.


# Posté le jeudi 02 avril 2009 07:24

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 10:10

Mr Sylvestre

Mr Sylvestre
Mr Sylvestre



je souhaiterais vous présenter monsieur Sylvestre, le nouveau majordome de Carmel, l' insolente ensorcelée des mots.

Pincé du costume, compassé du verbe, monsieur Sylvestre a la réputation d'exécuter avec discipline et fiabilité, toutes les tâches qui lui sont confiées des plus concrètes aux plus abstraites.
Il m'a d'ailleurs été chaudement recommandé par mademoiselle Coco Chanel et monsieur Hercule Poirot.

D'humeur sombre sauf à l'heure du thé où, le temps de ce breuvage, un sourire, peut parfois apparaître sur son visage, il réunit toutes les qualités indispensables à cette fonction, ce dont, ses références d'un irréprochable sérieux attestaient déjà.
Taciturne, économe de ses gestes, distant à vouvoyer même les objets qu'il dépoussière, il aura la délicate mission d'entretenir mon blog à l'occasion de mes absences injustifiées, incongrues et capricieuses.

Cela peut apparaître de pure folie, mais j'ai dernièrement ouï que certains blogs se sentant abandonnés, s'étaient déclarés en déshérence auprès de l'administrateur de Skyrock. Evidemment inquiète, vu mes fugues répétées, j'ai pensé que cette solution pouvait garantir Carmel de cette mélancolie aux conséquences des plus fâcheuses.

Mr Sylvestre s'occupera de l'intendance et de la gestion du blog selon mes ordres et plaisirs suivants :

- Aération quotidienne des 11 pages afin de leur éviter tout sentiment désagréable de confinement propre au vécu d'archives.

- Epoussetage régulier des 55 articles avec mains gantées de blanc et selon les règles de la bienséance et de la courtoisie dues en premier lieu aux identités féminines qui, de leur charme, les agrémentent.

- Annulation des commentaires siliconés aux  Slurps, Wreups !!! et autres onomatopées virtuellement éructantes.

- Suppression dans la messagerie de tout contenu allergisant émanant de bipèdes à poils et libidineux à pile.

- Vérification chaque soir par une ronde minutieuse menée sur la liste noire des reclus qu'aucun projet d'évasion ne se fomente.

En ces gages donnés, je peux désormais partir rassurée, et profiter sans nulle ombre à mes pensées, de ce séjour que mon très cher ami Vivaldi m'a concocté dans les Pouilles du 20 au 30 de ce mois-ci.
Antonio m'a promis d'être mon escort-man, et j'en suis extrêmement ravie.

Toutefois, aux dernières nouvelles qui galopent sur le bitume de Pau, il serait totalement absorbé par la notte, un nouveau projet évoquant l'année en ses rythmes climatiques.
Comme je sais pertinemment que je ne parviendrai pas à décrocher Antonio de ses violons et de son pupitre, il faut absolument qu'avant mon départ, je pense à saisir monsieur Sylvestre de divers achats dont une boussole, trois ombrelles à pois (ses préférées), et le topo-guide le plus récent paru sur cette région.

En ces auspices d'avril hésitant, je vous laisse donc en la compagnie de dame Carmel et de son si gracieux majordome.



En peinture, un Magritte, comme Sangetor l'avait deviné...

# Posté le mercredi 08 avril 2009 14:56

Modifié le mardi 14 avril 2009 07:10

30 mars

30 mars
30 mars

Le premier instant, la première visite, les premiers mots, de toi à moi, se révélèrent d'essence magique.
Un toi et moi qui s'est noué sans préalable, ni round d'observation, qui s'est joué dans la simplicité des échanges, dans la confiance du lien.

Un toi et moi tout en précaution, tout en retenue qui est devenu au fil de nos contacts, un entre nous malicieux et léger.

Un entre nous de la plume et du pinceau, de l'encre et des couleurs, de l'écrire et du peindre dont c'est l'anniversaire aujourd'hui.

Voilà très exactement 1 an, jour pour jour, que tu déposais sur mon poème "les amants d'antan ", ce commentaire : " j'aime beaucoup ce que tu écris. "
Par cette phrase, ce 30 mars 2008 à 18h13, tu baptisais de ton regard mon blog, tu inaugurais l'unique article mis en ligne et initiais avec discrétion et élégance, l'esquisse de ce qui allait devenir une histoire, la nôtre.


De cette minute, qui désormais fait date, tu ne m'as plus jamais quittée.
Comme un père, en sentinelle attentive et parfois inquiète, tu as veillé sur moi, tu as su d'un tableau, excuser l'errance de mes sautes humeurs.
Comme un ami, tu as encouragé mes essais, et carmélisé ton propre blog, jusqu'à t'effacer pour promouvoir mon livre.
Comme un mage, tu me savais sans me connaître, me peignais sans m'avoir vue.

Un entre nous complice que tu exposes en tes toiles, où mes mots se glissent.
Un entre nous d'amitié qui garde entier sa part de mystère, car malgré la constance de mon insistance(et Dieu sait combien je peux l'être !), tu n'as jamais voulu me confier par quelle providence, ton chemin ce 30 mars là, avait croisé le mien.


Alors, en ce 30 mars 2009, j'inverse le cours des choses et renverse le sablier des Temps, pour à mon tour, venir à toi, marcher en tes pas et par la voix de mes lignes, te murmurer, Alan " j'aime beaucoup ce que tu peins. "


Mr dit Alan11cité01, je te souhaite un joyeux anniversaire


# Posté le dimanche 29 mars 2009 07:13

Modifié le mardi 14 avril 2009 05:03

Arlésienne !

Arlésienne !
Arlésienne d'âme et de racines, ma terre est d'Histoire, auréolée d'un passé de majesté, bâtie de siècles en l'honneur et pour l'éclat d'un Empire.

Nourrie au sein d'Arélate l'impériale, j'ai grandi dans les drapés de ses vestales.
Aujourd'hui encore dès ses remparts franchis, à peine ses fragments de mosaïque foulés, je subis d'incessantes métamorphoses, devenant tour à tour, Romaine, Abbesse, Lionne de notre devise "ab ira leonis".


Dans cette Rome des Gaulles, j'assiste aux jeux du cirque dans l'amphithéâtre, je sculpte le portail de l'église Saint-Trophime, je navigue sur le Rhône qui en ses bras enlace la divine Camargue dans un delta de saladelles et de flamants roses.

Dans ma cité, je ne respirais que ses vestiges, ses lambeaux de prestige, son félibrige et passais sans élan, sans attirance, sans penchant devant lui.
Je l'ignorais, aveuglément.
Il m'était indifférent, incroyablement indifférent, peut-être de trop de présence, de trop de célébrité.
Son portrait, ses tableaux s'étalaient en tous lieux, de la place du café au pont à bascule, du jardin public à l'hôpital où il avait séjourné. Il supplantait de son aura, les précieux délices de l'Arles antique.

Pourtant dernièrement, dans un mouvement inexplicable de curiosité, je suis allée visiter la Fondation qui lui est consacrée, au Palais de Luppé.
Dans cette galerie, le temps, soudain, s'est arrêté.
De son regard, vers moi posé, il m'a saisie, m'a happée dans ses lumières sur l'invisible, m'a emportée dans ses couleurs traversées de soleil, chamarrées de Mistral.
Sa détresse, bleue de silence, m'a submergée comme un écho à mes propres souffrances, et je l'ai rejoint.
J'ai rejoint Vincent, l'homme à l'oreille coupée, le mutilé du coeur, le suicidé aux obsessions chromatiques.

Dans cette chambre, à coucher ses désespoirs, à peindre ses hallucinations, je l'ai aimé...enfin.


Pour les amoureux de Van Gogh, voici l'adresse du site de la fondation : www.fondationvangogh-arles.org

# Posté le mardi 17 mars 2009 04:59

Modifié le vendredi 20 mars 2009 14:45