A bois vivant

A bois vivant


Des arbres sciés par centaine, des forêts ravagées, des bois précieux veinent mon quotidien.

Leurs racines soulèvent les lignes de mes papiers, leurs noeuds s'exhibent de mes coffres fermés, leur senteur de santal s'échappent des flacons de cristal.

Prisonniers des formes qu'on leur a données, exilés des terres qui les accueillaient, j'ai l'impression que depuis quelques jours, ils m'appellent à leur secours.
Je les entends s'étoiler de détresse, craquer de nostalgie, et même ricaner de cercueil quand à juste destin, ils me prédisent qu'ils seront le bois de ma fin.

Fût tronçonné, houppier élagué.
Branches éperdues, arbres abattus.
Dans une obsession d'images, s'inversent les sorts, de la sève coule en mon corps, mon sang de femme feuille.


Bulldozers, déforestation, villes tentaculaires...
Pourtant, dans un passé encore vivant chez certaines tribus, ils sont toujours ce peuple au bois de mystère où les légendes courent au souffle des vents.
De ses ramures à ses fruits, de ses canopées à ses collets, ce peuple au bois d'intelligence inscrit dans ses troncs la mémoire des temps, comme autant de relais pour l'avenir.
Un peuple au bois d'âme, dont les branches savent l'au-delà, dont les racines puisent dans l'en-deçà, et qui offre ses troncs d'humilité en passerelle de ces mondes, pour que s'y équilibrent, nos aspirations les plus vives comme nos peurs les plus profondes.

Peuple de la forêt, arbre isolé, à vous vénérer encore, vous respecter toujours.
Désormais, dans l'écorce du temps, je me rêve à bois vivant.




# Posté le vendredi 11 septembre 2009 07:42

Modifié le samedi 12 septembre 2009 07:59

Sein d'esprit

Sein d'esprit
Sain de corps puisque constitué à 100% de glandes mammaires d'origine naturellement féminines, je suis coiffé en journée d'un bonnet 85 B à l'exquise dentelle.

Si mon volume plutôt moyen avait été prisé notamment par ceux qui, comme Gainsbarough, louaient les petits seins en bakélite qui s'agitent, ce temps béni paraissait aujourd'hui révolu.
Alors que de morosité, je me morfondais dans mon Lou de soie acidulée, mes bretelles eurent la chance de tomber.... sur un Homme qui avait le sein en courtoisie.

Au premier abord, j'ai pensé qu'il se moquait ouvertement de ma pomme quand je l'ai entendu déclamer à la manière d'un Cyrano de Bergerac :
" Eh ! aperçu d'éminence blanche à l'aronde d'espoir. Oh ! tissu sans frontière, qui m'ouvre ta limite. Ah ! bouton de nacre qui glisse lentement de ce balconnet d'où tu me surveillais. Merci de me laisser regarder ces justes au corps de cime."

Mais devant son sérieux admiratif, ses hommages à force de mots, je me suis résolu à sortir de ma réserve en tissus ajourés pour m'en assurer de vive chair.

- Hey, vous, stop ! Comment puis-je ainsi vous impressionner avec mon tout juste 85 B ?

- Le sais-je moi ? Comment choisir entre votre rotondité, votre fermeté, votre seinteté ? L'inclination pour une taille de guêpe vient parfois d'une piqûre d'intérêt.

-Certes, Monsieur je vous accorde que j'ai le profil arrogant de fermeté, mais pour ce qui est de la rotondité, auriez-vous besoin d'une paire de lunettes à foyer grossissant ?

-Mais, je vous admire surtout de face. Quand votre mamelon, votre aréole, votre enveloppe se liguent en ondes concentriques pour me donner le vertige dans leur infinie combinaison, des lunettes peuvent-elles être d'un quelconque secours ?

-Ah non, c'est sûr ! Et ce n'est pas une paire de lunettes mais un parachute qu'il vous faut ! Mon mamelon vous déconcentre par sa géométrie, mon téton vous étonne, mon aréole vous affole, et mon enveloppe vous dénude, heu... sans vous vexer, vous m'avez l'air en péril mental !

-Le péril vient plutôt de ce téton au cube bougon qui tient tête à mes avances ! Et que je me rétracte, et que je me gonfle, et le tout dans son inverse !

-Quel toupet ! Mon téton... le traiter d'un téton Picasso ! Je vous défends de...

-Non, mais est-ce que je pourrais en placer une, c'est incroyable d'être aussi bavard et réactif ! A force de m'interrompre, je vais oublier de vous dire l'essentiel à son sujet : qu'il pointe au sommet du triangle d'un cercle à la possible quadrature, que son grain serré rend lisse son toucher et amortit la consistance, que la pâleur laiteuse où il baigne est là pour amadouer son côté sombre, que son rubis est plus profond que le sang qui fait enfler sa base. Oui, vous êtes un sein au téton en vigie du désir !

-Wouah ! Dites, et le gauche aussi ?

-Votre jumeau vaut son pesant d'orbe. C'est un dé au kumquat confit, un cabochon au miel d'améthyste, un prisme bigarreau de cerise sur le gâteau, une échauguette de meringue au basilic, un dôme zélé au concentré de goût, un...

- Un livre de recettes ? Allez, je vous taquine, n'empêche tous ces éloges !

- Et je n'ai pas encore fini. Ce qui compte le plus, c'est votre vision paire : alliage de vos bronzes étendus sur un buste sculpté pour vous magnifier, vous élever vers des hauteurs jamais atteintes. A vous contempler ainsi dotés, j'ai le sentiment de survoler le parvis velours de vos aspirations.

-Mazette ! Sur mon gauche comme sur mon droit, jamais on ne m'avait couvert de si beaux propos. Quelle vie de sein vous me faites mener ! Oh, j'en deviens rose d'émotions !

-Rose n'est pas assez, je vous voudrais carmin, grenade, cramoisi. Pourpre ! Mais je m'échauffe, je m'échauffe...

-Et votre chaleur est communicative, car voyez-vous cela fait quelques minutes déjà que j'ai moi-même dépassé le stade du tiède ! Tenez, touchez ! Non, approchez-vous encore. Aimez-moi, là. Ici et maintenant, aimez-nous à nous distinguer pour mieux nous englober, à nous apprendre pour mieux nous signifier, à me...


Dans un silence au drap satin, il m'a enveloppé de ses chut chahutés de désirs, de ses baisers de tétons, de ses suçons de plaisir.
A goûts de main, caresses de sens, frissons de braise, il a su me remplir de fierté, et de délicatesse, me sanctifier le mamelon.
Depuis cette honorable rencontre, j'ai pris conscience que j'étais en fait, peu importe mon bonnet, un adorable..............sein d'esprit !




Mon ami Thor a bien voulu me donner la réplique dans le rôle masculin et Coco a accepté( j'espère qu'elle ne le regrettera pas !) que j'utilise son tableau ' symphonie' en illustration.

Avis aux amateurs des seins et surtout de bien d'autres sujets d'inspiration, venez visiter son blog : dessin-a-coco, pétillant à souhait.



# Posté le jeudi 27 août 2009 16:41

Modifié le dimanche 30 août 2009 14:57

L'amour à mal

L'amour à mal





L' amour à mal, un texte à mots crus, coupants, violents, sur la prostitution, ses abîmes d'indifférence, son fric en négoce de sexe.

La femme vendue aux appétits vulgaires, jetée aux fantasmes refoulés, malmenée aux perversions ultimes, me rend colère.
Rien ne change et notre siècle qui se prétend moderne, et respectueux des droits rend la prostitution encore plus désespérante !

Dire l'effroi en vers rajoute à la lie, au désenchantement c'est donc sous une forme poétique que j'ai décidé de m'exprimer sur le sujet.







L'amour à mal

L'amour très sad, le porno hard, déchirent ses chairs pour 100 dollars.
De son fouet, il s'encanaille, bête de somme, pute au travail.

L'amour très sad, le porno hard, peuplent son lit façon bazar.
Spatules aux manches en plastique, lanière de cuir ou synthétique

L'amour très sad, le porno hard, exit son corps, sans un égard.
Le plaisir pris sans joie aucune, plombe l'esprit comme une enclume.

L'amour très sad, le porno hard, fanent sa fleur, pistil épars.
Cuisses écartées, elle godemiche, ses idéaux vont à la niche.

L'amour très sad, le porno hard, affament son âme, d'un vrai regard.
Celui du don, que le duo, met dans le sexe, le rendant beau.

# Posté le lundi 17 août 2009 07:52

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 03:32

Fire dance

L'été sera indien ou ne le sera pas !


Danse avec les loups, un film extraordinaire dont cet extrait magique qui toujours incendie mon âme.


Il danse, et se danse au rythme crépitant du feu, du regard inquiet de ce loup, des plaines environnantes, de la beauté du ciel étoilé.

Il danse, et peu à peu son costume militaire craque aux coutures de l'intolérance, aux galons de la guerre, et aux médailles de la mort.

Il danse, et dans les flammes vives se consument, se meurent en brasillant les idées préconçues, l'incompréhension vis à vis du peuple indien, la folie de sa mission.

Il danse, et dans la poussière que soulèvent ses pas bottés, naît un homme nouveau, passionnément libre, profondément en harmonie avec lui-même, comme en symbiose avec les éléments.

Il danse beau, grand, à la fois seul et cent, emporté par le souffle des esprits, par l'étincelle de la vie, autour d'un feu qui plus jamais ne s'éteindra car désormais il le porte en lui !

# Posté le jeudi 06 août 2009 08:36

Modifié le jeudi 06 août 2009 12:33

Croco-deal

Croco-deal
Croco-deal



Fringant et exhibitionniste, arrive l'été, avec ses corps bronzés, ses tenues dévêtues, ses chaleurs bienvenues.
Il s'installe et s'affiche avec ses deux mois fétiches, Juillet et Août, bien connus pour leur prodigalité puisque ces bougres-là annoncent chacun 31 jours au compteur !

Deux mois où les températures grimpent de façon constante, encouragées par l'applaudimètre nourri des vacanciers, et les vivats des baigneurs de toutes eaux.

Une saison à fuir, car cet ensoleillement permanent menace ma constitution qui tient à la fois de l'humain et de l'animal.
Dans l'impératif de ma nature hybride, je dois, comme mes frères, les crocodiles du Nil, rentrer en estivation, et ce sans tarder.

Libérée du carcan social, des impératifs professionnels, du joug : sois belle et travaille de la femme moderne, je peux enfin réinvestir ma pleine animalité.
Déjà, au bénéfice de ce retour à l'état sauvage, ma marche hésite entre bi et quadrupède, des grognements sortent de ma gorge, mon corps se couvre de poils hirsutes et fauve.
Dans ma tanière creusée de mes ongles griffues, j'accomplis le cycle final de ma mutation estivale.
Dès que mes fonctions vitales seront en mode ralenti, d'instinct, je vais paresser, bâiller, sommeiller, lovée dans la fraîcheur de mon repaire à la pénombre reposante.

Le temps que l'été trépasse, toute mon énergie sera alors mobilisée sur une seule et même activité, celle de rester centrée sur cette délicieuse indolence, sur cette torpeur à la tropicale tonalité.

Ah, que de repus ronflements à émettre, que de folles flemmes à favoriser, que de silencieuses somnolences à satisfaire ! Sabre de bois, que ces perspectives sont attrayantes, vive l'été !
Bzzee, et Rnnnfff !






# Posté le lundi 29 juin 2009 08:14

Modifié le samedi 12 septembre 2009 08:25