ALTER-ÉCHO

ALTER-ÉCHO
Dans le silence grave de cette chambre blanche
Ilot des retrouvailles de nos amours étanches
Où l'hiver s'invite, s'installe pour la saison,
Ont lieu d'étranges rites, alchimie des passions.

De ce fruit dans ta bouche, ananas ou kaki
Tu me donnes la becquée, en ta saveur saisie
De ce sang qui s'en va, fécondité bridée
Ventre sans avenir, tu en fais un trophée.

De ces seins si menus, de cette minceur extrême
Par tes mains caressantes, comme par tes ' je t'aime
Tu rassures la femme, tu me guides pas à pas
Pour que les yeux fermés, enfin j'aille vers toi.


Mais qui es-tu vraiment ? Homme caméléon
Pygmalion de mes sens, alter-écho profond
Dois-je saisir ton âme et percer ton mystère
Ou bien de ton reflet savoir me satisfaire ?


Dans le silence grave de cette chambre blanche
Ilot des retrouvailles de nos amours étanches
J'invoquerai les Dieux, la liturgie vaudoux
Pour t'aimer comme un roi, un mendiant ou un fou.

# Gepost op woensdag 19 maart 2008, 08u17

Gewijzigd op vrijdag 25 december 2009, 09u18

ORIGICIELLE

ORIGICIELLE
J'encre, imprime, amoncèle, ces parcelles de vies,
Ces trop rares moments où le temps nous relie.
Ma mémoire m'angoisse, pourra-t-elle faire face
Aux déjà souvenirs qui par milliers se massent ?
Friable par essence car d'origine humaine,
A t-elle conscience, pour les années lointaines
Qu'il m'est impératif, voire presque sacré,
De tout garder en stock, en espace nacré
Pour qu'à 80 ans, le passé reste intact
Et provoque en mon ventre toujours le même impact ?

Etre un ordinateur qui d'un clic informel
Saisirait nos instants en fichier éternel,
Sons, images, couleurs, intensité aussi,
Seraient enregistrés en OK infinis.
Aucune défaillance, l'informatique assure
Par ses giga-octets de maitriser l'usure.
Je sais bien que l'amour par ses vertus magiques
A gagné bien des fois sur les progrès techniques.
Mais sans ce potentiel crédité haut débit
Ma mémoire saura-t-elle relever le défi ?

# Gepost op vrijdag 04 april 2008, 10u31

Gewijzigd op dinsdag 15 april 2008, 05u03

La Love-coquillettes

La Love-coquillettes
Elsa Montiel fréquentait depuis six mois la cyber-base de sa ville avec la régularité d'un métronome. Elle avait décroché son PIM, le passeport pour l'internet et le multi-média, une sorte de qualification qui lui permettait d'accéder aux autres ateliers qui dispensaient une formation plus spécialisée.
Sans être devenue une pro, elle arrivait désormais à se débrouiller quand elle se retrouvait face à son écran, et de ce seul point de vue, l'objectif qu'elle s'était fixé en venant s'inscrire dès le lendemain de la Fête des Mères, était déjà rempli.

Il faut dire que ce jour-là, si sa fille Camille était restée dans le traditionnel cadeau qui fait toujours plaisir, un petit tableau de papillons dessinant un coeur, son fils Virgil avait eu une idée pour le moins saugrenue.
" Hé, Mam, regarde, je t'ai crée un blog, la Love-coquillettes, pas mal trouvé, hein ! Tu pourras mettre tes recettes de cuisine, et tes histoires sur les légumes qui deviennent fous. Ouais, et je t'ai même créé un lien hyper-texte avec le mien, histoire de te faire un peu de pub, t'as qu'à cliquer là ! "

Elsa sous le coup de la surprise, avait bredouillé, " oh, merci, mon ange, ça me sera surement très utile."
En fait, elle n'avait rien compris, rien saisi des quelques maigres explications données à la vitesse d'un TGV, et en plus dans un langage où 2 mots sur 4 lui étaient inconnus.
Elle avait eu la sensation d'être larguée d'un avion sans être équipée d'un parachute, avec en prime son écrasement au sol qui n'allait pas tarder à se produire, là, en direct sous les yeux catastrophés de ses enfants.
Heureusement, Virgil qui avait un après-midi de ministre, n'avait pas insisté pour qu'elle blogue sur-le-champ.

Le lendemain, Elsa avait tenté d'ouvrir son cadeau. Rien à faire. Visiblement ses clics n'avaient pas la même qualité que ceux de son fils.
La main crispée sur la souris, elle était restée un long moment devant son écran, perplexe devant les sigles, incapable de se rappeler la touche qui actionnait son site. Les yeux rivés sur cette barre d'outils qui, comme pour la narguer, feignait d'ignorer ses tentatives, son énervement était devenu aussi palpable que ces orages d'été dont on pressent l'imminente survenue.
Excédée, elle avait alors abandonné la partie dans une envolée libératrice de jurons !

A sa décharge, Virgil ne possédait pas une once de pédagogie ; en plus dès qu'il se plaçait devant un écran, il mutait. Compétent, rapide, il virevoltait, jonglait avec les sites, les interlocuteurs comme si un accélérateur de particules lui était soudain greffé.
Oublié le Virgil pataud et maladroit qu'elle connaissait par ailleurs, quand par malheur, elle lui demandait un coup de main en cuisine où il était de notoire réputation que sa présence préfigurait toujours d'un menu minceur en guise de déjeuner.
En effet, du concombre à peler, à trancher, il ne restait bien souvent que quelques morceaux méconnaissables sauvés par hasard du massacre au pèle-légumes.

Finalement, son inaptitude en informatique rivalisait si bien avec celle de son fils en cuisine qu'elle se promit de ne plus se moquer de lui quand il confondait un pauvre concombre avec un dangereux légume terroriste à abattre.
Le soir-même ainsi qu'elle le redoutait, Virgil d'une voix enjouée lui posa la question fatidique, " alors, Mam, combien t'as mis d'articles sur Love-coquillettes ? "
Mal à l'aise, Elsa répondit, " heu.... tu vois, j'ai pas trop eu le temps cet après-midi, Mamie m'a appelée, les courses, mais demain, je m'y mets. "
Elsa s'en voulait de mentir ainsi à son fils, se trouvant pour le coup vraiment nulle. Alors, prenant une profonde inspiration, elle déballa toute la vérité, " Virgil, en fait, j' y arrive pas, une vraie patate. Je bloque. "

Virgil, le sourcil droit relevé, regarda un bref instant sa mère avant de lâcher d'un air bonhomme, " ouais, c'est normal, t'as qu'à prendre des leçons, après t'inquiète, t' y arriveras tranquille. "
" Ah, ben ça ! J' y avais même pas pensé ; j' irais me renseigner. "
" Pas la peine, va à la cyber-base de la Galerie marchande, c'est pour toi, elle craint pas. Y a que des vieux ! "
Elsa eut l'impression que sa tête émergeait enfin du brouillard.
A cet instant-là, la décision s'imposa d'elle-même, elle irait s'initier, se former. Et, effectivement, forte de cette promesse, elle avait tenu le cap.
Désormais, elle pouvait débloguer, surbloguer, embloguer, les préfixes du blog n'avaient plus de mystère pour elle, quant aux suffixes, elle verrait plus tard.

Mais, surtout, grâce à ce cadeau, son fils lui avait ouvert une porte sur un futur où elle aimait musarder au gré des connexions, se balader au fil des blogs, nouant même de-ci, de-là, quelques contacts quand elle tombait sous leur charme.
Il y avait un point en revanche sur lequel elle ne parvenait pas à progresser, le langage MSN. Là, elle atteignait sa limite, mais, peut-être qu'il existerait un jour, une opération visant à raccourcir ses synapses pour lui permettre d'abréger ses phrases en tchatant ses mots.
Tout espoir lui était permis tant l'avenir réservait de surprises !


# Gepost op vrijdag 18 april 2008, 03u02

Gewijzigd op vrijdag 29 augustus 2008, 04u25

ENTÉE

ENTÉE
Fais-toi mots
Fais-moi peau
VIENS
Je guette, tapie dans l'ombre, de noir vêtue,
Impatiente, prête à fondre de ta venue.

ALORS
Plus de mots
Nos deux peaux
Je contre toi.

# Gepost op zaterdag 12 april 2008, 04u10

Gewijzigd op dinsdag 15 april 2008, 05u02

Blog-notes : supplique

Blog-notes : supplique
L' été arrive.
Les robes légères, les maillots, savamment orchestrés sur des mannequins au plastique parfait, garnissent les vitrines des magasins.

L' été arrive.
Les revues, les médias, les publicités regorgent de recettes minceur qui vantent à grand renfort de conseils, la gamme complète des régimes à entreprendre, pour être belle à l' été.
De toute urgence, il faut perdre ces rondeurs qui identifient nos corps féminins quand la cinquantaine vient murir nos formes.
Nos ventres sont alors pointés du doigt.
Parias de nos corps, ventres à abattre, ils deviennent la cible privilégiée des vendeurs de gaines, de crèmes amincissantes, de boissons drainantes et de techniques opératoires barbares.
Muselés et sans droit, nos ventres sont condamnés à maigrir pour honorer la seule ligne valable, celle du ventre plat.

Dans ce brouhaha continu et épais, nos ventres ne sont plus écoutés.
Pourtant...
Ils sont les dignes enfants de la lune dont ils ont épousé pendant des décennies, les cycles croissants et décroissants.
Ils ont donné la vie, une fois, deux fois, ou même plus, au péril de la leur, parfois.
Ils ont l'exigence de ceux qui ont vécu quand ils accueillent encore le plaisir des hommes.
Ils ont en dentelle de peau, ce tatouage des vies abritées, cette indélébile empreinte des neuf mois de maternité.
Alors pour tous ces bienfaits qu'ils ont su dispenser, nos ventres de femme nous rendent déjà belles à l' été.


# Gepost op zaterdag 03 mei 2008, 11u07

Gewijzigd op maandag 11 mei 2009, 07u12