Fringant et exhibitionniste, arrive l'été, avec ses corps bronzés, ses tenues dévêtues, ses chaleurs bienvenues.
Il s'installe et s'affiche avec ses deux mois fétiches, Juillet et Août, bien connus pour leur prodigalité puisque ces bougres-là annoncent chacun 31 jours au compteur !
Deux mois où les températures grimpent de façon constante, encouragées par l'applaudimètre nourri des vacanciers, et les vivats des baigneurs de toutes eaux.
Une saison à fuir, car cet ensoleillement permanent menace ma constitution qui tient à la fois de l'humain et de l'animal.
Dans l'impératif de ma nature hybride, je dois, comme mes frères, les crocodiles du Nil, rentrer en estivation, et ce sans tarder.
Libérée du carcan social, des impératifs professionnels, du joug : sois belle et travaille de la femme moderne, je peux enfin réinvestir ma pleine animalité.
Déjà, au bénéfice de ce retour à l'état sauvage, ma marche hésite entre bi et quadrupède, des grognements sortent de ma gorge, mon corps se couvre de poils hirsutes et fauve.
Dans ma tanière creusée de mes ongles griffues, j'accomplis le cycle final de ma mutation estivale.
Dès que mes fonctions vitales seront en mode ralenti, d'instinct, je vais paresser, bâiller, sommeiller, lovée dans la fraîcheur de mon repaire à la pénombre reposante.
Le temps que l'été trépasse, toute mon énergie sera alors mobilisée sur une seule et même activité, celle de rester centrée sur cette délicieuse indolence, sur cette torpeur à la tropicale tonalité.
Ah, que de repus ronflements à émettre, que de folles flemmes à favoriser, que de silencieuses somnolences à satisfaire ! Sabre de bois, que ces perspectives sont attrayantes, vive l'été !
Bzzee, et Rnnnfff !
