4° volet d'une femme à la fenêtre

4° volet d'une femme à la fenêtre
I have a dream


Minuit 22

“ Toc-toc “
“ On est fermé, repassez demain “
« Toc-toc »
« Mais enfin, qui est là ? »
«  Uuuune ; une fenêtre »
«  Quoi ? Une fenêtre qui ose venir au Domaine des Rêves. Mais, ma pauvre, que veux-tu ? »
«  Je voudrais un rêve »
«  Tu oses me déranger pour me demander un rêve. C'est une blague, j'espère ? »
« Heu, non. C'est que... »
« Stop, ça suffit. Toi, un rêve ! Les humains d'accord, les animaux de temps en temps mais un objet, jamais ! Tu as entendu. Jamais. Rappelles-toi ce que tu es, un objet. Tu es sans âme et donc sans rêves. Allez, bonsoir et repars dans ton mur. »
« Je...Le mur, justement, c'est lui le problème. »
« Ah, tu es défenestrée ? »
« Non, mais si ça dure, je vais me défenestrer. Je craque, mes vitres pleurent, mes huisseries grincent, tout en moi s'abîme. »
« Ma petite, là, tu commences vraiment à m'inquiéter. Bon, j'ai bien quelques minutes à t'accorder. »
« Voilà, depuis 8 mois maintenant, ma vue a changé. Un mur a été construit en face de moi. Un mur affreux. Un mur de cinq mètres de haut, aveugle de toute ouverture. Un mur qui m'étouffe la vision, qui m'enlève toute perspective. Depuis qu'il est là, c'est simple, j'ai perdu goût à m'aérer, à coulisser mes gonds, à jouer mes volets. »
« Continue, je t'écoute. »
« Là, où avant, j'avais des champs à perte d'horizon, à panorama de saison, j'ai désormais un mur à mourir de fenêtre. »
« Hum ! Attends-moi. Je vais aller consulter les archives. Qui sait, il y peut-être un précédent. »

Minuit 36

« Je n'ai rien trouvé. Rien. Tu es la première fenêtre à vouloir un rêve. »
« Alors, c'est sans espoir, n'est-ce pas ? Je comprends, tant.. »
« Ma petite, ne me fais pas dire ce que j'ai pas encore prononcé. J'ai horreur de ça. Ton histoire et ton chagrin m'ont à eux seuls convaincu de ton besoin de rêve, et un précédent ne m'est nullement nécessaire pour asseoir ma décision ; Vu ! Maintenant, écoute, car je ne me répéterai pas : chaque nuit de Minuit 36 à 1 du matin, tu auras un rêve qui te remplira jusqu'au rêve suivant de cet Eden perdu mais si jamais tu ébruites ce qui doit rester un secret, rêver te sera enlevé. »
« Je, je vous le jure, oh, oui ! Je vous le jure, heu ... tenez sur ce que j'ai de plus beau, mon espagnolette. »

Grrrrriin, grrriin, les portes du Domaine des Rêves, lentement se referment, et on peut voir dans la nuit, une fenêtre reprendre ses vertes couleurs.

Minuit 45 vient de sonner...

# Posté le mercredi 03 février 2010 08:05

Modifié le vendredi 05 février 2010 14:10

Dame de vic

Dame de vic
J'ai choisi une lumière à l'ironie féminine, à l'ambiance pyjama alpiniste pour vous annoncer la création de dame-de-vic, ma blogothèque.


En son décor cosy, elle accueillera les nostalgiques, les curieux, les sans qualificatifs qui souhaitent lire ou relire, les articles que j'ai écrits depuis deux ans.


Pour ma part, je repars à zéro avec pour l'année à venir, une démarche un peu particulière.
Je veux écrire sur, dans, au sujet, pour, contre, etc... la fenêtre.
Un choix certes bizarre mais qui m'inspire furieusement, à croire que dans une autre existence, j'ai du avoir une vie de fenêtre comme d'autres ont eu une vie de bâton de chaise !



A tous et toutes, ici ou chez dame-de-vic , je vous souhaite bonne visite.





# Posté le mercredi 30 décembre 2009 07:48

Modifié le mercredi 03 février 2010 10:11

Electre irisée

Electre irisée
Duo conique




Non, non, je ne suis pas une femme-objet... même si d'un clic, vous pouvez m'allumer.


Blonde de naissance, vous dites sans penser à mal, bien que parlant de moi : " à l'évidence, cette femme-là n'est pas une lumière."

Pourtant Messieurs, il me faut moins de quelques secondes pour allumer vos fiers réverbères, de mes courbes girondes.
Dans ces moments-là, croyez-le ou pas, aucun disjoncteur ne peut stopper mes lueurs, quand j'illumine vos nuits masculines, de mes faveurs.
Exceptées, et j'en suis marrie, vos propres avaries !



Mais hors tension, se révèle ma vraie version, même si hélas personne n'en soupçonne la plus petite aune.


Durant ces veilles électriques, je rêve d'ambiances romantiques, de sentiments mus de courants continus.

Alors, dans l'attente que vienne ce jour, je reste branchée, aux désirs tamisés, aux halos de l'amour.

# Posté le mercredi 27 janvier 2010 07:10

Modifié le vendredi 05 février 2010 14:16

3° volet d'une femme à la fenêtre

3° volet d'une femme à la fenêtre
Arrêt sur ciel



Depuis bientôt 300 ans, nous vivons sous des sphères à oxygène.
La nature, la bio-diversité, un souvenir historique qui n'existe plus que dans les disques durs des ordinateurs.

A l'extérieur, la vision est lunaire tant la pollution a tout détruit, asséché aussi sûrement que mille bombes à neutrons.
A l'extérieur, la température moyenne est de 85 ° degrés, on cuit à peine sorti.

Dans chaque sphère de vie, une galerie, qui dispose d'une fenêtre d'où l'on peut, muni d'un pass-air, regarder deux minutes par jour ce que nos anciens contemplaient librement, et à tout moment.
Avant la pollution, les hommes avaient la chance de rêver à vue, d'assister en direct, à la première d'un spectacle permanent.

Aujourd'hui, la police rôde, contrôle les fraudeurs possibles.
En cas de dépassement, elle confisque immédiatement le pass-air pour à minima, une décennie.
Par cette fenêtre, on voit toujours le même rectangle de ciel, au climat immuable et constant.

Jamais de pluie, de soleil couchant, d'aurores parme, de nuit en lune, d'arc en ciel, d'étoiles au firmament.


Pourtant même malade, même pressé, personne ne rate ses deux minutes de Temps, ce rectangle des cieux d'antan. Jamais !

# Posté le mercredi 20 janvier 2010 07:39

Modifié le mercredi 27 janvier 2010 07:40

Sans papier

Sans papier
Si l'écriture avait ses papiers, tout serait bien plus aisé...


J'écrirais sur papier rose, mes lubies d'amour en prose.

J'écrirais sur papier gris, le huis-clos de mes ennuis

J'écrirais sur papier bleu, le souvenir des jours heureux

J'écrirais sur papier noir, les fantômes de mon boudoir

J'écrirais sur papier blanc, mes chagrins de toi absent

J'écrirais sur papier vert, le sérieux à être légère

J'écrirais sur papier d'or, tous ces mots qui dorment encore.

Oui, mais... Et quand on écrit n'importe quoi, y a t-il une couleur pour ça ????



Le tableau de Koko, une femelle gorille comme un contre-points.

# Posté le dimanche 10 janvier 2010 14:33

Modifié le vendredi 05 février 2010 14:12