Croco-deal

Croco-deal
Croco-deal



Fringant et exhibitionniste, arrive l'été, avec ses corps bronzés, ses tenues dévêtues, ses chaleurs bienvenues.
Il s'installe et s'affiche avec ses deux mois fétiches, Juillet et Août, bien connus pour leur prodigalité puisque ces bougres-là annoncent chacun 31 jours au compteur !

Deux mois où les températures grimpent de façon constante, encouragées par l'applaudimètre nourri des vacanciers, et les vivats des baigneurs de toutes eaux.

Une saison à fuir, car cet ensoleillement permanent menace ma constitution qui tient à la fois de l'humain et de l'animal.
Dans l'impératif de ma nature hybride, je dois, comme mes frères, les crocodiles du Nil, rentrer en estivation, et ce sans tarder.

Libérée du carcan social, des impératifs professionnels, du joug : sois belle et travaille de la femme moderne, je peux enfin réinvestir ma pleine animalité.
Déjà, au bénéfice de ce retour à l'état sauvage, ma marche hésite entre bi et quadrupède, des grognements sortent de ma gorge, mon corps se couvre de poils hirsutes et fauve.
Dans ma tanière creusée de mes ongles griffues, j'accomplis le cycle final de ma mutation estivale.
Dès que mes fonctions vitales seront en mode ralenti, d'instinct, je vais paresser, bâiller, sommeiller, lovée dans la fraîcheur de mon repaire à la pénombre reposante.

Le temps que l'été trépasse, toute mon énergie sera alors mobilisée sur une seule et même activité, celle de rester centrée sur cette délicieuse indolence, sur cette torpeur à la tropicale tonalité.

Ah, que de repus ronflements à émettre, que de folles flemmes à favoriser, que de silencieuses somnolences à satisfaire ! Sabre de bois, que ces perspectives sont attrayantes, vive l'été !
Bzzee, et Rnnnfff !






# Posté le lundi 29 juin 2009 08:14
Modifié le mercredi 01 juillet 2009 07:48

Tango 46



Tango 46


Le téléphone sonne :

« Oh, maman ! Tu ne devrais pas veiller si tard – Oui, je te rassure, la soirée d'anniversaire a été très réussie, une vraie belle fête à la vie...Ne t'inquiète pas, je n'oublie pas.....d'ailleurs je venais juste de finir mes exercices d'échauffement et j'allais me préparer ; je t'embrasse....
Demain ? Oui, promis, c'est moi qui t'appelle, sans faute. »

Le portable rangé, Mirjana allume quatre candélabres qu'elle place dans chacun des coins du salon, qu'elle a pris soin, tôt ce matin, de vider de tous ses meubles.

Les jambes gainées de soir, le corps vêtu d'un voile d'appréhension, elle attend, dans la lumière vacillante des bougies, un invité.
Sur la platine, les musiques de Goran Brégovic égrènent leur virevoltante gravité dans un vrac confus et hallucinant d'émotions.

Soudain, le parquet craque sous le poids de pas invisibles, Mirjana se retourne, il est là.
Il a choisi un tango à l'éclat nostalgique et baroque pour la demander en danse.
Entre obéissance et fierté, elle accepte son spectral cabécéo par un regard soutenu.
Leur duo est parfait jusqu'à l'illusion quand de ses bras absents, il la renverse de doutes, quand il l'enlace de froid en des étreintes de l'ombre.
Dans les séquences rapides, il improvise des impromptus échevelés et puissants, mais elle suit en souplesse et fluidité les variations qu'il impose d'une impulsion de son buste fantôme.
Elle sait qu'elle ne doit pas faiblir bien que ses muscles se fassent douloureux, qu'elle ne doit pas relâcher son attention bien que sa vigilance commence insensiblement à baisser la garde.

Le salon tournoie dans sa tête.
Les bougies incertaines de leur propre durée hésitent en leurs flammes.
Mirjana est en péril, mais les propos maternels surgissent du lointain de son enfance, de ce pays des Balkans qui l'a vue naître, et forment une protection subite comme une sauvegarde sacrée et immanente. «  Mirjana, durant la danse pour la Vie, donne, donne, donne plus, donne tout, donne encore ton temps, et ton plaisir à la Mort pour pas qu'elle ait envie de te les prendre. »

Mirjana se reprend instantanément, et dans l'axe de son cavalier dont elle anticipe les vibrations les plus discrètes, elle danse entièrement disponible et totalement concentrée au plaisir et pour le temps de la Mort, jusqu'à la note finale qu'il accompagne, en éteignant d'un souffle toutes les bougies.

« Maman, comme promis, je t'appelle, oui, j'ai tenu sa danse, mais un instant j'ai failli renoncer à l'effort de la vie ; plus tard, je t'en prie, dis-moi, comment ça se passe ? »
« Ma chérie, jusqu'à 65 ans, pas de souci, après tu peux peut-être t'inquiéter mais regarde, j'en ai bientôt 71, et je mène toujours le bal ! »



# Posté le mardi 16 juin 2009 08:07
Modifié le mardi 23 juin 2009 14:11

Portugal Quarto

Portugal Quarto
Portugal Quarto


Dans le clapotis tranquille des eaux calmes du port, dans le grisant roulis des rêves, cette nuit, je reprendrais le large vers des voyages à l'espoir.

Je serai cette caravelle qui trace au fil des vagues, la carte marine de la route des Indes, je serai ce catamaran qui file à toute vitesse sur l'écume des océans, je serai ce voilier, libre aux vents qui flirte les courants et s'ancre dans des criques coquillage.
Aux lumières des étoiles, je serai...

Juste oublier, que je suis un chalutier de 15 ans d'âge, qui rentre au mât de honte, harassé d'une saison de pêche qui a viré au cauchemar.
Mes cales sont restées en attente, ma senne n'a remonté des mers que des kilos de poissons quand quelques saisons plus tôt, la puissance de mon treuil peinait aux tonnes frétillantes et argentées.

Les marins ont débarqué de mon pont dans un silence de fatigue et d'inquiétude, leurs yeux fixant le vide, celui d'un avenir dont ils n'osent nommer la possible misère.

Je ne sais pas, si à lune prochaine, mes flancs au brun de sel navigueront baignés d'Atlantique, si ma proue audacieuse fendra des flots de sardines et de thons, si d'autres saisons me permettront enfin de faire vivre mon Capitaine et ses 5 hommes d'équipage, mais avant d'être une épave sèche mise au rebut du port, je veux un peu de rêve dans mes filets.

A l'instant des songes quand l'eau aura épousé la nuit en ses couleurs, je larguerai les amarres de la tristesse, et voguerai de vagues de joie en douces lames de fond.





Je vous conseille le blog de zezinho51, ses peintures réalistes dont celle de Portugal Quarto s'illuminent d'un je sais quoi qui s'appelle... la grâce.



# Posté le vendredi 12 juin 2009 02:32
Modifié le samedi 13 juin 2009 14:41

L'enfant et la montagne sacrée

L'enfant et la montagne sacrée
L'enfant et la montagne sacrée



Kao-ling avait reçu à sa naissance, la flûte en don.
Sous ses doigts, à son souffle, les sons naissaient hauts, mélodieux, et s'élevaient en notes claires comme portées par les airs.

Volontiers insouciant, quoique sage et plutôt respectueux des anciens, Kao-ling ressemblait à tous les enfants de son âge.

Il s'instruisait des mêmes apprentissages, partageait les mêmes jeux mais sa vie différait sur un point...... il devait, en fin d'après-midi, quitter impérativement le village pour n'y revenir que tard dans la soirée.

Le Shogun avait considéré que le don de Kao-ling perturbait gravement la vie sociale et économique du village, et qu'il mettait en péril la protection militaire car il suffisait de quelques notes émises pour que les habitants, captivés, délaissent leurs activités petites ou grandes.

Obéissant aux consignes, le pas léger, le jeune garçon se rendait en sifflotant, au lieu-dit l'Arbre aux cendres.
Cet endroit était vénéré de tous, depuis que le Fuji-yama, dans sa dernière colère, avait épargné l'arbre nu alors qu'alentour, il avait plongé la province de Mishima dans un déluge de cendres et un chaos de laves coulées.

Là, assis sur une des branches, Kao-ling prenait sa flûte en bambou et jouait jusqu'à ce que la nuit enveloppe de ses écharpes brunes, le Dieu vêtu des neiges éternelles.
En ses musiques, l'enfant racontait les joies et les peines de sa journée, les derniers événements qui faisaient bruit dans les conversations des adultes.
Il avait l'impression que la Montagne sacrée le comprenait, et appréciait même ses venues.

Il avait remarqué que dès qu'il commençait à jouer, la Montagne, désireuse de mieux l'entendre, exceptionnellement faisait taire ses grondements lugubres et caverneux.
Un silence inhabituel couvrait alors la région, et pendant quelques heures, la sérénité prenait place au sein des foyers, au coeur des familles.


C'est ainsi que naquit la légende de Kao-ling, l'enfant qui savait apaiser la Montagne sacrée.




Louma, permets-moi de te dédier ce conte que m'a très librement inspiré ce tableau, oeuvre du peintre japonais Hokusaï, connu aussi pour ses estampes et précurseur de l'art manga.



# Posté le jeudi 04 juin 2009 09:01
Modifié le vendredi 05 juin 2009 14:06

Mais Cieux !

Mais Cieux !
Mais Cieux !





Mmhum, quel beau mec ! Ah, le beau gosse ! Enfin quoi, je n'allais quand même pas illustrer ce divin sujet que sont les fesses masculines avec la plus moche des 257000 images mises en ligne sur Google !


Les fesses de ces messieurs, un thème qui me délecte, qui me propulse dans de nirvanesques cieux, à me procurer des frissons hautement intellectuels et très méta-physiques !

Il faut dire que sur nos fesses, de l'Antiquité à nos jours, le peuple des hommes s'est montré intarissable, prolixe, et imaginatif.
Nous avons été sculptées en toute position, peintes en version classique ou cubiste (terrifiant), versifiées à hue voire à dia, et chantées dans toutes les langues.

Il ne se passe pas une minute sans qu'un homme ne porte sur nous son regard admiratif suivi en général d'un mental « je me la ferais bien celle-là », ou au contraire sa réprobation la plus critique commentée par.... j'édulcore « putain, c'est pas un cul mais un tonneau » !

Messieurs, nos fesses sont pourtant, des attributs autrement qualifiables qu'en ce phrasé de bas trottoir, à l'égout machiste.
Elles peuvent être callipyges ou plates, rebondies ou tombantes, vraies ou fausses, musclées ou molles, d'enfer ou indifférentes, enfin en ce qui me concerne j'apprécie la notion de fesses attentives, mais c'est un concept totalement atypique et inexplicable.

En tout état de cause et toute affaire cessante, rééquilibrer la donne dans la fesse, et combler ce déficit cruel de proses concernant celle de nos honorables homologues me semblaient urgent dans ce siècle où la parité montre le bout........de son nez.
Pour conclure, hé oui, déjà ; même si je sais que le sujet mériterait de plus amples développements, voici quelques vers galants à lire... au plaisir des hommes et donc du nôtre !

Mais Dame !

Mesdames, il a une vraie paire de............
A faire damner les saints
A savourer sans faim

Mesdames, il a une vraie paire de............
Poilues juste ce qu'il faut
Dodues sans l'être trop

Mesdames, il a une vraie paire de...... ;
Un cul, un postérieur
Un fessier supérieur

Mesdames, vous pouvez toujours les rêver
Car, moi seule caresse
Ses fantastiques fesses !



# Posté le jeudi 28 mai 2009 12:08
Modifié le samedi 30 mai 2009 07:48